Le Parti socialiste en France : un parti de droite parmi d’autres – mais pas comme les autres…

La droite compte en France plusieurs partis. Le principal est, aujourd’hui, les LR, ex UMP, ex RPR. Il est celui qui compte le plus grand nombre d’élus, des maires jusqu’aux sénateurs. A la question, “à quel champ politique votre parti, les LR, appartient-il ?”, un LR répondra, évidemment : “A l’évidence, nous sommes un parti de droite”. A la même question, un membre ou sympathisant du PS répondra : à l’évidence, nous sommes un Parti de gauche. Et pourtant, cette “évidence” est absolument pas évidente, au regard des faits des 50 dernières années, de la fondation du PS à sa situation aujourd’hui. Pour se dire “de gauche”, ces membres ou sympathisants brandissent des totems : des lois, l’abolition de la peine de mort en 1981, le “mariage pour tous”, l’ISF. D’autres évoqueraient des lois ou des principes de gouvernement, des investissements, même provisoires, dans l’Education par exemple. Ces éléments ont existé et existent encore (l’abolition de la peine de mort). Mais puisque ces éléments peuvent être invoqués, il faut donc prendre en compte l’ensemble de ce qui a été, soutenu, décidé, voté, mis en oeuvre. Il faut prendre en compte les mandatures de 1981 à 1986 ; de 1988 à 1993 ; de 1997 à 2002 ; de 2012 à 2017. Etant donné que le PS n’est pas officiellement engagé dans l’actuelle politique gouvernementale, il n’est pas possible d’y ajouter celle-ci, mais il faut constater que LREM est un parti dans lequel il y a un nombre important d’ex PS, lesquels ont fait le choix de s’associer avec des ex LR. Sur ces 50 dernières années, le PS a donc été “aux responsabilités”, comme ils disent, pendant 20 ans. La durée est donc suffisante pour permettre une évaluation. Qu’est-ce qui domine ? Est-ce que le PS a transformé la France pour en faire une “République sociale” ? Est-ce que les travailleurs ont gagné des droits fondamentaux, que la droite n’a pas pu remettre en cause ? Est-ce que les familles modestes ont acquis des droits et revenus qui ont “changé leur vie” ? Tout le monde le sait : la réponse est la même à toute ces questions, et elle est négative. Le PS, au pouvoir, a mené une politique pro patronale constante, de Fabius premier ministre à Valls, dernier de ces premiers ministres. Et non content que les travailleurs n’aient pas gagné des droits fondamentaux impossibles à remettre en cause, le PS en est même venu à remettre en cause des droits dans le “droit du travail” français, déjà très favorable au patronat, avec la fameuse loi El-Khomri, qui a précédé les ordonnances Macron. Le bilan de ces 50 dernières années, dont le détail est trop fastidieux pour être fait ici immédiatement (mais qui le sera dans de prochaines notes consacrées à ce même sujet), est donc clair – et négatif. C’est d’ailleurs ce qui a conduit le PS à connaître une chute impressionnante dans les résultats électoraux – sauf dans les élections locales où un électorat continue de soutenir des maires bien que leurs bilans propres soient tout aussi maigres (mais les résultats de ces élections locales dépendent beaucoup des “relations sociales”, et ces maires passent beaucoup de temps à sourire, serrer des mains, dire “je suis avec vous”, etc). Les décisions de ces principaux responsables leur appartiennent. Ils avaient le droit de les prendre. Mais ces décisions relevaient, relèvent, de la pensée politique de la droite. La droite se dit de droite. Le PS se dit de gauche, quand sa pratique politique constante est à droite – une droite “modérée”, par comparaison avec la droite “immodérée”. La droite assume ce qu’elle est. Le PS ne le fait pas. Pourquoi ? La réalité électorale n’est pas extensible : on ne peut pas créer de la monnaie, à loisir. L’électorat de droite a son parti, ses partis : 50 nuances de racisme social et de racisme. La concurrence, comme le veut leur idéologie, est féroce : ils se battent pour affirmer qu’ils sont les plus racistes sociaux (cf. Xavier Bertrand ces jours-ci- et racistes (entre Zemmour et les autres). Le PS ne pouvait donc exister, ne peut donc exister, qu’en attrapant cet électorat qui ne pouvait, ne peut, ni voter pour cette droite, toujours trop à droite pour lui, ni pour le PCF, trop à gauche pour lui (même si, confronté à un choix comme entre Hitler et Staline, cet électorat préférera toujours la droite, preuve en est la situation actuelle). Mais cet électorat, bien que motivé (par exemple, avec les enseignants encartés), a perdu beaucoup de sa motivation, dès lors que le PS, au pouvoir, s’en est pris aussi à, ses droits, ses revenus, ceux de ses enfants. Les différentes couleuvres qu’il a dû avaler ont fini par lui rendre le PS indigeste. Mais pour se positionner, le PS s’est dit et continue de se dire “de gauche”. Pour la véritable gauche, ce mensonge, cette escroquerie, continuent d’être un danger, une menace, puisqu’ils créent des confusions, lesquelles sont en outre exploitées par l’extrême droite qui se sert de ces mandatures PS, de son “bilan”, pour accuser “la gauche” de tant et tant, alors qu’elle n’a eu aucune part dans les gestions et les décisions PS. Le symbole de ce PS anti social et arrogant aura été François Hollande. Une fois élu, il se retrouve dans une position unique : la majorité partout, dans les villes, à l’assemblée nationale ET au sénat. Il va réussir l’exploit, en 5 ans, de tout détruire, jusqu’à rendre possible (et ne pas s’opposer, il faut le rappeler), à une nouvelle synthèse de droite, une copie de ce qu’a été le PS de ces 50 dernières années, avec LREM. Le PS est un parti de droite comme les autres (puisqu’il promeut une logique politique de droite), mais pas comme les autres, puisque ses dirigeants et membres se disent “de gauche”.

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