Racisme social, racisme – rappel des principes et perspectives (social racism, racism – review of principles and perspectives )

Il y a quatre ans, ce blog commençait. Quelques années auparavant, paraissait “Du racisme social en France et par extension dans le monde“, avant de devenir plus tard, “Du racisme social en Europe et par extension dans le monde“. Une nouvelle édition est en cours, et c’est pourquoi le livre n’est plus actuellement disponible. Dans ce livre, sont exposés l’Histoire du racisme social, en tant qu’il aura été la matrice, longtemps, ignorée, ou même niée, du racisme, et, hélas, désormais, ils peuvent exister de concert, pour une musique faite de sons pénibles, voire horribles. Du racisme, le fait, historique, passé et actuel, est, aux yeux de tous, certain. Les preuves sont, factuelles, pléthoriques, et chaque jour en ajoute de nouvelles. Et là encore, hélas. Mais le racisme social, lui, n’est pas encore une notion, “reconnue”. Elle ne l’est, ni socialement (depuis qu’elle est exprimée ici ou sur le compte Twitter lié, elle a été peu reprise, reconnue comme telle, même si le silence de beaucoup sur son sens n’implique pas un désaccord de leur part), ni intellectuellement, puisque son existence et son sens ne sont pas, à ce jour, discutés dans les “cercles académiques”, les Universités. Mais cette situation est banale : il faut du temps pour qu’une notion heuristique tout autant que nécessaire fasse son chemin, et celui-ci peut prendre d’autant plus de temps si des forces sociales lui opposent une résistance, faite de silence et de dénégation. Or, dans le cas du racisme social, il est certain que tant qui sont eux-mêmes en cause par le fait qu’ils sont des adeptes, même à faible intensité, de cette expression, et de la logique qui la sous-tend, n’ont pas vraiment envie de la voir, entendue, reconnue, utilisée. Même dans le cas plus neutre de la notion de “classe sociale”, des membres des classes sociales dirigeantes et favorisées ont pu mener des batailles intellectuelles et politiques contre cette notion, parce qu’il s’agissait pour eux de permettre de dissimuler le fait qu’il existe des pratiques COLLECTIVES (on devrait même dire “collectivistes” !), de logique… “COMMUNISTE”, par lesquelles leur classe est constituée, fonctionne, agit, se défend. Alors, dans la mesure même où la notion de racisme social est plus agressive, parce qu’elle met en cause plus explicitement les créateurs, les usagers, les promoteurs, de cette expression et des logiques qu’elle présuppose, il va de soi qu’il ne faut pas attendre de leur part ET de celles et ceux qui travaillent “pour” eux, une reconnaissance, puisque ce serait reconnaître tout ce qu’ils s’autorisent contre… les plus pauvres. Lesquels ne le sont pas du fait d’une fatalité cosmique : c’est un système politique et économique qui CREE la plus grande pauvreté. Et c’est pourquoi il n’est pas rare d’entendre des politiciens, ces politiques professionnels, dire qu’ils veulent AGIR CONTRE la pauvreté, parce que leurs mots disent la vérité : ils ne veulent pas agir POUR les pauvres, mais CONTRE, et c’est ce qu’ils font. Une telle expression en appelle à son interprétation naïve : ils veulent agir POUR les pauvres. Mais elle est contredite par les faits. Pourquoi les faits ne sont-ils pas pris en compte pour éclairer les intentions ? C’est que certains préfèrent avoir des doux rêves d’amitiés, de l’union entre “le patron” et “l’ouvrier”, mais ces rêves sont ou ceux d’une sociale-démocratie la plus molle et aveugle ou d’un fascisme pour qui cette union signifie que l’ouvrier sert le patron, point. Le sens de cette théorie du “racisme social”, en tant que “théorie” ET pratique, apparaît clairement : elle concerne le rapport entre les pauvres et ceux qui ne le sont pas. A l’égard de leur pauvreté et de ce racisme social là, les pauvres n’y sont pour rien. Leur pauvreté leur est imposée par des conditions “sociales”, défavorables, et le racisme social qui les vise n’est pas né de l’être et des actes de ces pauvres, mais des choix sociaux, de “relations sociales” et de “non relations sociales” que des non pauvres ont fait pour eux-mêmes ET contre les pauvres. C’est que le racisme social est exactement la même chose que le racisme mais là où celui-vise des extérieurs (Africains) et des différents (couleurs de peau), le racisme social vise, de la même manière, des extérieurs-intérieurs, les pauvres auxquels les non pauvres sont liés, par, la langue, l’identité ethnique, des liens économiques de nécessité, et des différents (les uns se valorisant dans leur être, les “nobles” SONT beaux et bons, et les autres étant dévalorisés dans leur être, les pauvres sont, laids, méchants, mauvais, voleurs, etc). Si ce racisme social est bien connu dans le monde (mais pas en tant que tel), le fait qu’il ait été premier, qu’il ait conditionné le racisme, a fini par être dissimulé par les strates d’expressions et d’actions, racistes. Mais le niveau d’expression de ce racisme social, de pauvrophobie, ou plus précisément encore, de misopénie (la haine de la pauvreté, des pauvres), est, dans notre monde, si élevé, que sa compréhension est aisée. Il s’agit donc de connaître son Histoire, son apparition, ses diverses formes, ses incarnations, symboliques et structurelles, et, par exemple, l’ambivalence du Christianisme, en tant que système contradictoire de valorisations/dévalorisations des pauvres. Il faudrait étudier comment un culte visant un “fils-de-Dieu” sacrifié, qui, de son vivant, a expulsé les “marchands” du Temple a pu devenir une icône pour des… marchands, lesquels s’en sont servis pour imposer un système économique créateur de pauvreté et de pauvres auxquels les mêmes marchands ont “religieusement” accordé des dons, des miettes de dons, avec la “charité”. L’étude du racisme social vise donc à éclairer les conditions de son apparition (en Europe, la racine s’est révélée dans l’Empire Romain, sans s’y développer), de son développement (la noblesse de “sang” face aux autres), de ses expressions sociales, économiques, intellectuelles, littéraires, de ses limites et des résistances qui lui ont été opposées, de son dédoublement et de sa mutation, dans le racisme, et, à notre époque, du duo infernal qu’ils forment, puisqu’ils sévissent dans de nombreux pays du monde, comme la France, où des gens qui se pensent “bons” et “beaux” mettent en cause des pauvres des quartiers populaires, en tant que pauvres ET en tant qu’étrangers.

NB : “misopénie” est un néologisme que j’ai créé pour désigner cette haine de la pauvreté, des pauvres. Pourquoi ? Parce que le terme est plus exact que pauvre-phobie (pauvrophobie). En effet, la racine grecque de “phoïbos” vise plus une peur qu’une haine, alors que celle-ci se fait clairement entendre dans la “misanthropie”, par exemple. “Pénia” est un des termes par lesquels les Grecs anciens parlaient de la pauvreté.

Four years ago, this blog started. A few years earlier, “About the social racism in France and by extension in the world” was published, and later became “About the Social Racism in Europa and by extension in the world“. A new edition is in progress, which is why the book is no longer available. In this book, the history of social racism is exposed, as it has been the matrix, long ignored, or even denied, of racism, and, alas, now they can exist together, to a music made of painful, even horrible sounds. The fact of racism, historical, past and present, is, in the eyes of all, certain. The evidence is, factually, abundant, and each day adds new evidence. And there again, alas. But social racism is not yet a “recognised” concept. It is not, either socially (since it has been expressed here or on the linked Twitter account, it has been little taken up, recognised as such, even if the silence of many on its meaning does not imply a disagreement on their part), or intellectually, since its existence and meaning are not, to this day, discussed in “academic circles”, the Universities. But this situation is commonplace: it takes time for a heuristic and necessary notion to make its way, and this can take all the more time if social forces resist it, through silence and denial. In the case of social racism, it is certain that many of those who are themselves involved because they are followers, even if only to a limited extent, of this expression and of the logic behind it, do not really want to see it heard, recognised and used. Even in the more neutral case of the notion of “social class”, members of the ruling and advantaged social classes have been able to wage intellectual and political battles against this notion, because it was for them a way of concealing the fact that there are COLLECTIVE (one should even say “collectivist”!) practices, of “COMMUNIST” logic, by which I mean that they are not really interested in seeing, hearing, recognising and using this notion. “COMMUNIST”, by which their class is constituted, functions, acts, defends itself. So, insofar as the notion of social racism is more aggressive, because it more explicitly challenges the creators, users, and promoters of this expression and of the logics it presupposes, it goes without saying that we should not expect them AND those who work “for” them to recognise it, since that would be to recognise everything they allow themselves against… the poorest. The poorest are not poor because of a cosmic fatality: it is a political and economic system that CREATES the greatest poverty. And this is why it is not uncommon to hear politicians, these professional politicians, say that they want to ACT AGAINST poverty, because their words tell the truth: they do not want to act FOR the poor, but AGAINST them, and this is what they do. Such an expression appeals to its naive interpretation: they want to act FOR the poor. But it is contradicted by the facts. Why are the facts not taken into account to inform intentions? It’s because some people prefer to have sweet dreams of friendships, of the union between “the boss” and “the worker”, but these dreams are either those of the softest and blindest social democracy or of a fascism for which this union means that the worker serves the boss, full stop. The meaning of this theory of “social racism”, as “theory” AND practice, is clear: it concerns the relationship between the poor and the non-poor. With regard to their poverty and this social racism, the poor have nothing to do with it. Their poverty is imposed on them by unfavourable “social” conditions, and the social racism that targets them is not born of the being and actions of these poor people, but of the social choices, of “social relations” and “non-poor relations” that the non-poor have made for themselves AND against the poor. That is, social racism is exactly the same as racism, but where racism is aimed at outsiders (Africans) and the different (skin colour), social racism is aimed, in the same way, at outsiders-insiders, the poor to whom the non-poor are linked, by language, ethnic identity, economic ties of necessity, and differences (some valuing themselves in their being, the “noble” ARE beautiful and good, and the others being devalued in their being, the poor are, ugly, mean, bad, thieves, etc). While this social racism is well known in the world (but not as such), the fact that it was primary, that it conditioned racism, has come to be concealed by the layers of racist expression and action. But the level of expression of this social racism, of poverty-phobia, or more precisely, of “misopenia” (the hatred of poverty, of the poor), is, in our world, so high that it is easy to understand. It is therefore necessary to know its history, its appearance, its various forms, its symbolic and structural incarnations, and, for example, the ambivalence of Christianity as a contradictory system of valuing/devaluing the poor. It is necessary to study how a cult of a sacrificial “son of God”, who, during his lifetime, expelled the “merchants” from the Temple, could become an icon for… merchants, who used it to impose an economic system that created poverty and poor people, to whom the same merchants “religiously” granted gifts, crumbs of gifts, with “charity”. The study of social racism therefore aims to shed light on the conditions of its appearance (in Europe, the root was revealed in the Roman Empire, without developing there), of its development (the “blood” nobility in relation to the others), of its social, economic, intellectual and literary expressions, of its limits and of the resistance that was put up against it, its duplication and mutation in racism, and, in our time, the infernal duo they form, since they are rampant in many countries of the world, such as France, where people who think they are “good” and “beautiful” challenge poor people from working-class neighbourhoods, as poor people AND as foreigners.

“Misopenia’ is a neologism I created to designate this hatred of poverty, of the poor. Why do you think this is so? Because the term is more accurate than poor-phobia (pauvrophobie). Indeed, the Greek root of “phoïbos” refers more to a fear than a hatred, whereas the latter is clearly heard in “misanthropy”, for example. “Penia’ is one of the terms by which the ancient Greeks spoke of poverty.

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